A 45 ans, t’es « has been » !

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Il semblerait qu’à l’instar des aliments que nous consommons, nous ayons aussi notre propre date limite de péremption.


L’autre jour un ami me raconte cette petite histoire malheureusement vraie : un manager de son réseau l’informe qu’il cherche quelqu’un pour compléter son équipe. Coup d’bol, mon ami connaît justement une personne qui a le profil parfait pour le poste. Il les met donc tout naturellement en contact.

Quelques jours plus tard, le manager en question rappelle mon ami, le remercie chaleureusement mais malgré les compétences indiscutables de la candidate, il ne va pas pouvoir l’embaucher car, je cite :

« tu comprends, la moyenne d’âge de l’équipe est de 30 ans, or elle a 45 ans ».

WTF ! Au 21ème siècle, alors que le monde du travail est en pleine mutation et que l’espérance de vie a gagné 14 ans en 60 ans, après 45 ans, t’es « has been », tout juste bon à rester chez toi à regarder TF1 ou Antenne2, tu sens la naphtaline.

 

« Malgré les qualités indiscutables de votre candidature, nous sommes au regret de vous informer que nous ne pouvons lui apporter une suite favorable. »

Cette phrase peut sembler « anodine ». Or, si elle est parfois fondée sur une réelle inadéquation de compétences, elle cache trop souvent une vérité bien plus intolérable : « l’anti-séniors », la face cachée du marché du travail.

En 2020, à compétences égales, vous valez moins à 45 ans qu’à 30 ans ! Si ce phénomène n’est pas nouveau… faut-il pour autant l’accepter ?

Certains recruteurs tenteront de justifier cela en disant que l’évolution technologique est telle que les jeunes sont plus aptes car ils sont nés avec un ordinateur entre les mains; que la cohabitation entre 2 générations est néfaste à la productivité; que l’image de l’entreprise se doit d’être moderne, dynamique et créative… j’en passe et des meilleures (ou des pires).

Pour ma part, j’ai tenté une rapide analyse de la situation et j’hésite encore entre racisme systémique et connerie régressive (même si à l’évidence c’est un pléonasme).

Non, décidément, je ne vois aucune justification légitime à cette stigmatisation.

 

Quand on a passé la quarantaine, la seule façon de faire la différence avec les plus jeunes serait d’être l’as des as, le number one, le champion du monde de sa catégorie.

Peut-être, sauf qu’on n’a pas l’occasion de montrer qu’on est champion du monde, puisque si notre matricule affiche une année de naissance inférieure à 1980… ça sent le sapin.

On passe alors directement de la case « candidature » à la case « corbeille », sans même passer par la case « accusé réception » ou « réponse négative ».

Les entreprises cultivent l’art de « l’exigence à sens unique » : exiger le meilleur des autres sans rien exiger d’elles-mêmes.

 

Trop vieux, trop jeune, pas assez d’expérience, sur-qualifié… est-ce vraiment ça le problème ?

Non, je ne crois pas. Je vous épargne le chapitre sur les compétences des « seniors » liées à leur lonnnnnnngue expérience, sur leur disponibilité liée au fait qu’ils n’ont plus de contraintes familiales… car c’est à mon sens tellement réducteur que cela frise la CONdescendance.

Le problème c’est surtout qu’une entreprise est la résultante de notre société. Elle veut des collaborateurs formatés qui suivront le cadre imposé. Plus on est jeune, moins on a de recul sur la vie, plus on est malléable et « corporate ».

L’expérience d’un « senior » pourra se révéler être à la fois un avantage et un inconvénient pour une entreprise, qui ne prendra pas ce risque.

 

Etre jeune c’est quoi ? c’est ne pas avoir d’œillère, sortir du cadre, accepter les défis, prendre des risques, s’adapter, innover… ça n’est certainement pas une question d’âge.

Nous vivons dans un monde d’hypocrisie où l’on nous demande d’être créatif, réactif, autonome. Mais on ne nous permet pas de l’être puisqu’on nous impose de rester dans un cadre bien défini.

Il est 1 heure du matin et alors que je termine cet article, mon optimiste et ma motivation sont en berne.

Bonne nuit, mémé va se coucher.

 

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